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"Cent" blog fixe
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14 novembre 2015

Vendredi 13

Bonjour mes amis,

je n'habite pas la capitale ni mes enfants non plus.

Dieu merci, vous tous mes amis êtes disséminés aux quatre coins de la France.

À quel moment en est-on venus à remercier Dieu ou la Vie ou Je Ne Sais Quoi ou Qui d'être encore vivant après un attentat? À quel moment en est-on venus à trembler rétrospectivement à l'idée qu'on aurait pu être rayé de l'existence comme ça, après un acte de violence inouïe tel ceux qui se multiplient ici et là?

Je n'arrête pas d'aller vomir depuis ce matin. J'ai peur de ce que certains humains sont en train de faire de notre monde.

Mais qu'est-ce qu'il se passe, dites-moi, qu'est-ce qu'il se passe?

Tour Eiffel

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12 octobre 2015

Sauter en marche

Conversation avec ma fille cadette samedi dernier..

(moi) Si tu savais comme ma mère me manque! J'aimerais tellement pouvoir la voir encore, lui parler...

(Fille Cadette) Moi aussi elle me manque, on était si proches...

(moi) Je pense sans arrêt à des choses qu'elle m'avait dites, enfin plutôt ces choses me viennent sans que j'y prenne garde.. C'est drôle car sur le moment je n'étais jamais d'accord avec elle, je n'y faisais pas attention, et maintenant je me dis qu'elle voyait tellement juste! C'est comme si je la comprenais enfin. Et puis j'ai l'impression de lui ressembler de plus en plus..

(Fille Cadette) C'est qu'il y a des petits bouts de Mamy qui ont sauté en marche et qui sont venus à l'intérieur de toi pour rester avec nous!!!

 

Man photo identiteRr

Maman,

les yeux verts comme la mer

26 octobre 2015

Sans prévenir

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(copine) C’est quoi toutes les griffures que tu as sur le visage, tu as taillé des rosiers avec tes joues ??

(elle) Mais non, c’est ma dernière rando !!

(copine) Ta dernière rando ????

(elle) Ben oui, on marchait sur une piste DFCI et d’un seul coup plus de chemin !! Il s'arrête sans prévenir ! Alors on a continué sur des petits sentiers de sangliers (enfin, j'imagine que c’était des petits sentiers de sangliers…) et pour finir on s'est retrouvés coincés au milieu des sapins et des ronces sans plus savoir où on était.. Je me suis pris plein de ronces dans la figure, j’avais la lèvre supérieure en sang !!

(copine) Bah tu parles d’une rando…

(elle) Et j’te dis pas, à un moment. on a crapahuté sur des gros rochers, on est redescendus, on a même fait de l'escalade !!!

(copine) Ça t’a rappelé Fontainebleau, quoi...

(elle) Tu parles ! Je commençais surtout à paniquer à mort !! Enfin, on a fini par voir des maisons au loin et par retrouver un sentier praticable.. J’te dis pas la trouille !!! Quatre heures de marche quand même !!

(copine) Ah ouais, quand même…

(elle) Ça fait une semaine que j’ai mal aux muscles !

(copine) Tu m’étonnes ! Et t’as su pourquoi le chemin s’arrêtait ?

(elle) Ben en rentrant j’ai cherché sur le net, c'est une partie de forêt qui a pris feu il y a quelques années et depuis, les ronces et les arbustes vivent leur vie vu que le DFCI n'a jamais été ré-aménagé... La joie, quoi!!

gants11

23 juillet 2015

Déjà fini

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La piscine a rouvert ses portes avant-hier: ENFIN!!!!

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Ma fille et moi-même l'avons inaugurée avec un plaisir d'autant plus grand qu'on était seules avec quatre magnifiques maîtres-nageurs qui nous matai surveillaient de leurs yeux de braise*...

* bleues, les braises

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Passons aux choses sérieuses: le grand bassin!

(celui dans lequel je me suis baignée tous ces derniers mois [sauf que le toit était fermé], le petit bassin étant en travaux)

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Donc là, grande première, bonheur intégral:

nager, avec au-dessus de nos têtes

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ça! ♥

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On varie les plaisirs, retour au petit bassin!

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Je ne vous dis pas comment j'ai pris mon pied!!!!!!!!!!!

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J'ai bien fait d'en profiter

car hier, c'était déjà fini:

un monde de fouuuuuuuuuuuuuuuuu!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Mes amis, je vous souhaite un bel été!

 

6 juillet 2015

J moins 4

Voici la robe que je me suis achetée le jour où je n'ai pas trouvé le livre pour ma fille. J'adore la fluidité du tissu. J'aime aussi l'imprimé (les pois) encore que de la couleur n'aurait pas nui (rouge, par exemple)... Mais bon, ce modèle n'existe que comme ça.

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Je sais, ça aurait eu plus de classe avec ..

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des peep-toes!

Mais vu que je passe ma vie à me flanquer par terre, les talons je vais oublier cinq minutes!

Belle semaine à vous mes amis!

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25 septembre 2015

Sa petite patte

Lorsque ma grande s’est séparée de son compagnon, elle voulait adopter un deuxième chat pour que le premier, Droopy alias Doudou, se sente moins seul pendant qu’elle était au travail.

Quelqu‘un lui ayant parlé de Caliméro qui était dans un refuge, ma fille se pointe là-bas dans l’idée de l’adopter. Une fois sur place, elle voit une petite chatte toute seule dans une cage. À chaque fois qu'elle passait devant, la chattonne glissait sa petite patte entre les barreaux comme pour essayer de l’attraper... Ma fille a fini par ouvrir la cage pour la prendre dans ses bras... Alors la petite chatte est montée sur son épaule, s’est blottie dans son cou et n’a plus bougé...

C’était mort : Caliméro (qui pour le coup portait bien son nom) a dû faire craquer quelqu'un d'autre parce que c'est avec....

Gaia (2)

Doudette (Gaïa) que ma fille est revenue!

19 février 2015

Tellement de chance

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J'aime beaucoup cette photo. Ma fille et moi avec le même maillot, la même montre, la même gourmette au poignet. Ma fille et moi, retrouvées. On dirait deux ados. Pitoyable ? Non, merveilleux. Un merveilleux cadeau de la vie !

Ça ne s’est pas fait tout seul, croyez-moi. Quand les circonstances de la vie vous placent dans une situation où vous êtes privée de votre fille pendant toute son adolescence, et que vous la retrouvez un million d’années après avec tellement de colère en elle, tellement de rancune, une tristesse infinie s’ajoute au chagrin.

Pour commencer, vous voulez vous justifier à tout prix.

Jusqu’au jour où vous comprenez. Vous comprenez que ce qui compte, ce n’est pas comment les choses se sont passées, mais comment elle les a vécues. Alors vous arrêtez de vouloir démontrer, expliquer, justifier.

Vous vous taisez.

Vous l’écoutez.

Vous acceptez qu’elle vous considère comme sa meilleure copine.

Et puis un jour, elle vous dit : "J’ai tellement de chance de t’avoir rencontrée !"

 

14 février 2015

Fucklove

Bonjour mes amis,

Que vous soyez en couple ou seuls, je vous souhaite une joyeuse St Valentin !!! (la coutume s'étend, paraît-il, aux ami(e)s).

J'ai fait un nouvel "album photos" ici, parce que franchement si je n'en parle pas le jour de la St Valentin je n'en parlerai jamais!

En fait, j'avais déjà évoqué les cadenas d'amour il y a quelques années, lorsque justement j'étais tombée dessus par hasard lors d'une de mes ballades parisiennes. Je vous explique :

2008 : tout va bien.

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Le Pont des Arts est tel qu'en lui-même.

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2010 : que vois-je? que yeux-je?

Des cadenas. Pas beaucoup. Je trouve ça exotique... Après tout, Paris est la ville des amoureux, pas vrai? Clic clac quelques photos, puis direction le Louvre.

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2013 : la folie intégrale. Il y en a partout! Même un deuxième pont, à Paris, a été attaqué par ce virus. Un petit tour sur le net m'apprend qu'en fait, cette plaisanterie est en train de faire le tour du monde à la suite de la sortie en 2006 d'un livre de Federico Moccia ("Ho voglia di te"), celui-là même qui avait décrit ladite coutume dans un autre de ses livres (coutume qui en fait est plutôt ancienne! XIXe siècle je crois)

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Bon de toutes façons c'est réglé puisque maintenant nous avons le mouvement inverse, les "anti-cadenas" (Fucklove) qui se proposent de sectionner les cadenas en question à l'aide de grosses pinces coupantes..

Bon enfin ce que j'en dis ... La coutume aurait pu être sympa, si elle n'avait pas viré "commerciale" (comme beaucoup de choses) car comme vous vous en doutez, cela a été l'occasion de vendre des cadenas gravés, j'ose pas imaginer le nombre .. Alors que, je ne sais pas, nouer quelque chose de périssable et de non polluant, ça aurait pu être aussi bien non? C'est en tout cas l'avis des ponts qui menacent de s'écrouler sous le poids de tous ces cadenas!!

Et je vous passe tous ceux, nombreux, qui s'insurgent contre ce que représente un cadenas en matière d'amour .... Encore que, hein!!! Vous auriez une meilleure idée, vous, pour symboliser l'amour??

17 janvier 2015

Comment ça s'appelle?

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Atténuées, domptées, les choses prennent leur juste place autour de moi, et moi au centre de tout, et tout au centre de moi, assise, seule, complètement vide, complètement libre. J’ai le vertige, une sensation rare et fugace de vertige, presque jouissive. Cela m’arrive quand le côté lourd de ma vie ne m’inquiète plus mais me plonge dans une sorte d’euphorie, une brève béatitude.

Comment ça s’appelle, quand toutes les choses se fondent en vous, quand se fait entendre la musique du vent, le bruissement d’ailes des mouettes et que d’un coup, vous n’avez plus peur ?

Comment ça s’appelle, quand votre corps rejoint votre esprit, quand votre esprit rejoint votre corps, et que c’est impalpable, et que vous acceptez enfin tout ce qui se présente à vous?

Comment ça s’appelle, ce calme, ce besoin d’ouvrir son cœur comme on ouvre une porte, comment ça s’appelle ?

Je jure que je ne prends aucune substance illicite!! LOL

7 janvier 2015

Zéro pointé

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Bon vous avez tous un zéro pointé ! Il ne s’agit pas du fameux moulin parisien mais du moulin sannoisien ! D’ailleurs oui, pourquoi faudrait-il que celui de Paris soit plus célèbre sous prétexte qu’il se trouve à Paris, hein ? C’est profondément injuste !! En plus à Sannois il y a un personnage super célèbre qui y est mort !! Et toc ! La rue Lepic ne peut pas en dire autant LOL

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Bon vous aurez peut-être fait le lien subtil entre mon image de moulin et la boulangerie de mon histoire dont voici, pour ma sœur, la suite de la suite…

CLIC

2 décembre 2014

Les rêves les plus fous

bougies

 

Bonjour mes amis,

Ça y est, le compte à rebours a commencé : dans trois semaines, c’est Noël !

Je l’ai déjà raconté, j’ai eu la chance de connaître de grandes fêtes de famille. J’y suis née, j’y ai été bercée, mes parents m’ont transmis cette chose qui n’a pas de prix, leur amour de la Vie. Oui, ils aimaient profondément la Vie, la chaleur humaine, les rires et les chansons, la bonne bouffe et le bon vin. Comme j’aime à le répéter, "c’était des bons vivants, d’ailleurs ils en sont morts" ! Mais bref, haute comme trois pommes j’ai connu les grandes réunions de famille et j’adorais ça ! Au début, la famille de mon père était distante, mais Maman m’avait raconté qu’elle avait eu vite fait de les mettre au pas, d’abord en allant voir régulièrement sa belle-mère toute étonnée vu que son propre fils passait souvent devant la boutique (ma grand-mère tenait une teinturerie) sans même aller l’embrasser, ce qui choquait beaucoup ma mère, toujours à enlacer la sienne. Or donc, ma famille paternelle avait été mise au pas, entendez par là invitée, conviée, accueillie, embrassée. Comment elle aurait pu faire, hein, la mère de mon père, quand mon oncle maternel, des mots flatteurs plein la bouche, l’invitait à danser, lui faisant venir des rougeurs de jeune fille et des frissons oubliés ? Car notre famille, c’était ça aussi, aimer les "pièces rapportées" comme les leurs. Si ma marraine avait une maison (construite et agrandie au fil des années par mon oncle lui-même), mes parents, eux, n’avaient qu’un petit logement deux-pièces dans lequel on vivait à cinq, mais ça ne les a jamais empêchés de recevoir les sœurs, les cousins, les oncles et tantes, les parents, et qu'on se retrouve je ne sais pas comment à je ne sais pas combien. Il n’était pas rare que ma mère et ma marraine qui étaient sœurs invitent chacune la belle-famille de l’autre, car quand yen a pour dix, yen a pour vingt !! On faisait des tables de fortune, on poussait les murs, on mangeait à la bonne franquette. Enfin même pas ! Ma mère était une excellente cuisinière, elle a grandi en Suisse chez sa tante qui faisait table d’hôte, no comment ! Elle faisait du tout avec du rien, elle nous gavait comme des oies. En fait, elle nous donnait à outrance ce qu’elle savait faire. C’était sa générosité. Et aujourd’hui, de cette générosité qu’elle nous a offerte, je la remercie du fond du coeur. Comme je remercie celle de mon père qui nous a appris à être forte et à ne compter que sur soi. Mais comme d’habitude, je digresse.

L’apothéose des réunions familiales, ça a été quand ma marraine, devenue chef d’entreprise à la sueur de son front et de celui de mes cousins, habitait dans un … ben oui, un château ! (mes parents et ceux de leur génération étaient encore de ce monde). Le château en question était flanqué d’une … Orangerie ! Rien que ça ! Du coup, les fêtes de Noël étaient vraiment magiques, exactement comme dans les rêves les plus fous. La salle était immense, tout en longueur se déroulait la table dressée, pailletée, dorée, avec des mets raffinés, des mets de fête ! Tout au bout de la pièce trônait un sapin immense et majestueux. La horde des enfants me rappelait celle que nous avions été, sauf que nous, on courait dans un garage, la seule pièce suffisamment grande pour accueillir les tréteaux qui servaient alors de tables.

A minuit, tadam ! Mon frère ou un de mes cousins tout de rouge vêtu toquait par l’extérieur à une des baies vitrées, tirant derrière lui un traîneau (un vrai !) où s’amoncelaient une orgie de paquets enrubannés. En une seconde, alors qu’il y avait plus d’une vingtaine d’enfants dans la pièce (rien que ceux de mes cousins étaient au nombre de douze), plus un cri ! Les petits s’approchaient alors, les plus jeunes effrayés par ce vieux surgi de nulle part se mettaient à hurler de frayeur tandis que les aînés essayaient de lui arracher la barbe pour voir qui se dissimulait derrière. C’était ensuite la pagaille la plus totale, agrémentée de cris de joie immédiatement suivis de danses jusqu’au bout de la nuit, et pas que des danses "de vieux" hein, ne croyez pas! Non non ! On dansait sur tout, tout en buvant du champagne… hmmm ! Et puis bien sûr, la traditionnelle soupe à l’oignon du petit matin ..

Dire que cette année, on sera sept. Sept, misère ! On tiendra tous autour d’une seule table !!!

Et vous mes amis, vos Noël d’antan?? Vos Noël d’aujourd’hui ??

23 décembre 2014

Labyrinthe (pour Angèle)

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Angèle, si j'avais su que cela te fascinerait autant,

j'aurais pris plus de photos! LOL

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Point d'arrivée du labyrinthe (et non pas de départ!!!!!!!!!)

(photo que j'avais prise l'année dernière)

d'autres photos d'Amiens : CLIC

Traduction de ce qui est écrit au milieu :

"En l'an de grâce 1220, l'oeuvre de cette église fut commencée. L'évêque de ce diocèse était alors Evrard ; le roi de France, Louis, fils de Philippe le Sage. Celui qui fut maître de l'oeuvre s'appelait maître Robert de Luzarches : après lui vint maître Thomas de Cormont, et après celui-ci son fils, maître Renaud, qui fit placer l'inscription en l'an de l'incarnation 1288".

21 décembre 2014

Labyrinthe

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Bonjour mes amis,

comme vous avez sûrement fini par le comprendre,

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j'aime beaucoup les églises, les cathédrales...

peut-être parce que mes parents n'ont jamais voulu

que je reçoive d'éducation religieuse

et que je n'ai aucun "mauvais souvenir" à ce sujet???

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comme la dernière fois que je suis venue dans la cathédrale d'Amiens

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j'ai suivi les 200 et quelques mètres de labyrinthe,

sous les yeux ébaubis des autres visiteurs!

Ce "chemin de Jérusalem" (il se fait à genoux normalement, mais bon hein, je me fais déjà assez remarquer comme ça!!) est très significatif au niveau des énergies telluriques...

[ Reynald? Si tu es dans le coin... un petit cours, steuplaît??]

Oui, parce que le principe quand on parcourt le chemin spirituel de la cathédrale en partant de la dalle centrale du labyrinthe est d'en ressortir régénéré(e) et habité(e) d'une force nouvelle (ce qui ne serait pas du luxe en ce qui me concerne LOL)..

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Bon dimanche à vous mes amis! ♥

 

4 décembre 2014

Gourmande

J’aurais aimé connaître un Noël en Allemagne. J’aurais aimé participer à cette fête là-bas, parce que le peuple allemand, en tout cas celui que j’ai connu, est chaleureux et accueillant (déjà à l’époque je me disais que les Français devraient en prendre de la graine !). Mais bien entendu, ça ne s’est jamais fait, car Noël est une fête familiale.

La première fois que je suis allée chez ma correspondante allemande, c’était aux vacances de Pâques. Mes parents m’avaient accompagnée en voiture afin de pouvoir faire la connaissance de la famille de la jeune fille. Rien que de très logique, j’avais quatorze ans. Rassurés à juste titre sur la famille en question, ils m’avaient laissée les fois suivantes y aller en train… vous savez, ces trains à vapeur qui, dit-on, faisaient Tchoutchou comme dans celui d’Interlude… Ben oui, j’ai dû monter dans un de ces derniers trains!

Mes séjours là-bas étaient absolument magiques. Jutta habitait un petit village typique, pas loin de la Forêt Noire et du Lac de Constance. Les maisons étaient à colombage et les fenêtres fleuries. Tous les gens se saluaient, "Grußgott !".

Aux vacances suivantes, Jutta était venue en France et l’année d’après de retour chez elle je découvrais mon premier flirt, mon premier baiser, je l’ai déjà raconté, il s’appelait Bruno, il était blond et super gentil. Je ne peux pas dire qu’on "sortait ensemble"… On reprenait juste l’histoire (enfin, le baiser) là où on l’avait laissé au séjour d’avant, mais sans rien se jurer ni se promettre. D’ailleurs on ne s’est jamais écrit, je n’étais pas amoureuse de lui et lui non plus sûrement, peut-être voulait-il juste une Française dans son palmarès ? J’en aimais un autre, et même deux (Franz en Allemagne et Yvon en France), c’était ma grande spécialité de sortir avec un mec et d’être amoureuse d’un autre, enfin de plusieurs ! Mais toutes les filles font ça non ? Elles ont plusieurs béguins à l’adolescence ? Misère, béguin ! Qui connaît encore la signification de ce mot ?

Bref, revenons à nos moutons. Les parents de Jutta étaient assez âgés, ou alors c’était les miens qui étaient très jeunes. Jutta avait un (très) grand frère (plus de vingt ans), aussi blond que sa sœur était brune. Il s’appelait Reinhold (Reines, prononcer Raille-neuss). Il me charriait tout le temps ! Gentiment bien sûr! Je précise qu’à cette époque j’étais timide. Ben oui !!! Enfin timide, peut-être pas, disons que par l’éducation que j’avais reçue j’étais craintive, surtout vis-à-vis des hommes, et je rougissais hyper facilement. Or donc, avec Reines, je passais mon temps rouge comme une tomate parce qu’il me disait des choses en souriant et en me regardant, je ne le comprenais pas mais ses yeux étaient plutôt expressifs et coquins.

Alors sinon, le truc qui m’a durablement marquée, c’est la cuisine allemande ! Ouaoh ! Qu’est-ce que c’était bon !! Aucune idée de ce que je mangeais, trop différent de ce que Maman préparait, surtout que ma mère avait carrément rayé de ses recettes divers aliments qui, disait-elle, lui rappelaient la guerre (topinambours, potiron, que je n’ai découverts qu’adulte) mais purée, que c’était bon !!!!

Or donc, chez Jutta, première surprise du jour, le p’tit dej (Frühstück). N’allez pas croire que débarquant dans la cuisine avec les cheveux dressés comme un soleil autour de la tête j’allais boire du café au lait et manger une tartine. Que nenni. Sur la table s’étalait un véritable repas composé de charcuterie et de fromages, avec plein de pains de toutes sortes. Je ne me rappelle pas s’il y avait du café, j’étais déjà assez secouée par ce ptit dej atypique surtout que je n’ai jamais beaucoup mangé le matin…

A midi on passait aux choses sérieuses, les repas commençaient par de la soupe (cela ne me dépaysait pas car c’était aussi comme ça dans ma famille suisse (soupe le midi au début du repas)). Donc là c’était des vrais repas, en plus comme ma mère celle de Jutta était une divine cuisinière et je me suis toujours régalée même si je n’ai jamais trop su ce que je mangeais. D’abord parce que les premières fois je ne parlais pas un mot d’allemand (mon père m’avait expédiée en Allemagne avant même que je commence à l’apprendre) et ensuite parce que quand j’ai commencé à me débrouiller avec cette langue ben j’avais d’autres questions à poser sur des sujets bien plus intéressants ...

Toutefois les jours où j’accompagnais Jutta à l’école, le repas de midi se retrouvait être un sandwich, pour la bonne raison que contrairement à chez nous les élèves Allemands avaient cours jusqu’au début d’après-midi (13 ou 14h) et qu’après il y avait les activités sportives (c’est en allant à l’école avec Jutta que j’ai connu Bruno qui était dans sa classe).

Le repas du soir, enfin, se prenait assez tôt (18h), et ressemblait assez à la table du matin (charcuteries et fromages).

Alors sinon pour l’après-midi (oui, parce que vous aurez peut-être noté qu’il n’y a pas des masses de dessert dans tout ça), la maman de Jutta confectionnait des pâtisseries. Trop bon ses gâteaux, une tuerie !!!! Pourquoi ne lui ai-je jamais demandé la recette ? Après on s’étonne qu’adolescente j’étais ronde comme une madeleine!!! Eh oui j’ai toujours été gourmande !

 

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17 août 2014

Inadaptée

J’me rappelle, il y a quelques temps (ma sœur n’était pas encore inscrite sur Facebook, où je suis "amie" avec ma nièce) – j’me rappelle, donc, une note de sa fille annonçant à la face du monde entier je ne sais plus quelle nouvelle au sujet de ses jumeaux, que je m’empresse de reléguer à ma sœur, pensant lui faire plaisir.

Ma frangine, super déçue : "Oh bah d’accord! Je suis même pas au courant!"

Eh oui, c’est comme ça maintenant. "Tout le monde est au courant" avant les proches.

Bizarre, non ?

Et un peu triste je trouve.

Ou alors c’est moi. Je ne sais pas m’adapter, sans doute…

 

FB juin 14

 

19 octobre 2014

Message provisoire

abricots

Je l’ai déjà souvent raconté, le grand rêve de ma vie c’était d’avoir des enfants, beaucoup d’enfants, cinq, six, treize. L’homme comptait peu dans mon rêve, l’homme ne comptait même pas du tout, puisque je n’envisageais pas de vie de couple. Amoureuse oui, avec le cœur qui bat à toutes volées et les chagrins qui vont avec – je n’ai jamais aimé ou été aimée autrement. Mais un homme dans ma vie chaque jour que Dieu fait ? Non, je ne voyais pas les choses comme ça.

Aujourd’hui j’ai trois enfants, mais pas de famille. Qu’est-ce que j’ai fabriqué ? Comment ai-je pu, de ce rêve qui me tenait tant à cœur, faire un tel gâchis ? Je n’ai rien construit, peut-être parce que pour construire, il vaut mieux être deux (même si, comme chacun sait, on est toujours seul)(ceci étant, seul à deux, c’est quand même plus sympa).

Évidemment, la seule personne qui aurait pu changer quelque chose, c’est moi. Aurais-je dû ne pas me marier avec le père de mes filles ? Aurais-je dû ne pas avoir mes filles, en tout cas pas avec cet homme-là, si jeune, si immature, si qui ne voulait pas d’enfant ? Pourquoi l’ai-je choisi, lui? (puisqu’il paraît que l’on choisit toujours, même si franchement, j’ai plutôt eu l’impression d’avoir été happée dans une nasse inextricable). Est-ce cela que je dois comprendre ? Mon plan était foireux dès le début? Pourquoi n’ai-je pas rêvé d’être bonne sœur ?

Être parent ne s’apprend pas, il n’y a pas de permis pour ça. Être bon parent encore moins. On fait ce qu’on peut, du mieux qu’on peut, seulement parfois le mieux c’est seulement le moins pire du pire.

Aujourd’hui j’ai trois enfants, et je remercie Dieu et tout ce qui est priable d’avoir protégé tous ceux qui ne me sont pas nés. Toutes celles, pardon. Assez bizarrement, ce n’était que des filles.

La vie veut absolument que je me détache systématiquement de tout ce à quoi je suis attachée. Pourquoi ? Je n’en sais rien. On va dire que c’est mon karma. On va dire que ça t’apprendra à aimer trop, tiens ! Même si je n’ai jamais compris ce que ça pouvait bien être, aimer trop.

Ça donne quoi alors, d’aimer "pas assez" ? On se garde un bout du cœur pour soi, on distribue au compte-goutte, ou bien ?

7 août 2014

Tout s'explique

(elle) Alors, le site que tu as essayé hier soir ça a donné quoi ?

(copine 1) Laisse tomber! Lisez vous-même ! Recherche femme pour raigner avec moi pendant que nous conquérirons l’univers, explorerons les profondeurs de nos natures sensuelles et expérimenterons les lois de l’amour. Tu as des gros seins, tu es jeune, canon, sexuellement liberée et tu accepte d’etre soumise quand ton dieu te l’ordonne. L’exploration de nos corps peut tant nous apporté… alors je dis, pourquoi attendre ?

(elle) En effet, n’attends surtout pas, apporte-lui de toute urgence un Bescherelle d'orthographe !

(copine 1) Attendez, c’est rien à côté du deuxième profil! Père de trois enfants, abandonné par ma femme, je me retrouve seul. Cette sale pute s’est tirée avec mon meilleur ami, a vidé les comptes et m’a laissé les mômes. Je cherche quelqu’un qui aime les enfants et que ça dérangerait pas de s’occuper des miens. De préférence qui n’en a pas déjà car on sait ce que ça donne sinon. Je bosse et je serai pas souvent là, alors faudra qu’elle assure. Je suis extrêmement beau et j’ai un grand sens de l’humour.

(elle) Qu’est-ce que ça serait s’il l’avait pas!

(copine 2) Rappelle-moi le nom de ce site, que j’y aille jamais ?

(copine 1) Meetcrunch …

(elle) Meeeeeeeeeeet... Ccrrrrrrunch!!! Tout s’explique ! rire

 

 

copines3

 

25 avril 2014

E.T. chez les Peaux-Rouges

Dieu que j’aime l’Italie ! avec mes parents, nous y allions tous les étés avec une régularité de métronome. Ah ! le soleil d’Italie !!! ses brûlures qui nous pelaient le dos !! ah, l’Adriatique !!!!!!! ses méduses et ses moustiques !!! ah ! Pompéi, Paestum !!!  marcher des heures sous un soleil de plomb, arriver enfin à un point d’eau, pour y lire : aqua non potabile (eau non potable) et en baver de dépit !! quelle émotion !!! quelle aventure !

A propos d’aventure, ça me rappelle un truc.

C’était un beau mois de juillet, il m’en souvient, les cigales chantaient et les moustiques piquaient. Normal, puisqu’on était dans le Gard. Alors à propos de moustiques, j’avais lu quelque part que pour s’en débarrasser, il suffit de placer des oignons frais en lamelles dans une coupelle. J’étais beaucoup plus jeune que maintenant, mais déjà très futée : je me suis dit comme ça que ce serait beaucoup plus efficace si je mettais les oignons directement entre mes orteils et sur mes tongs. En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, une meute de moustiques fonçaient sur mes pieds en rameutant tous leurs copains. Moi qui avais compris que l’oignon a un effet répulsif ! ben il a plutôt un effet séductif !

Oui alors donc, lors de ce séjour in ze Sud, un matin je me réveille avec des plaques de boutons partout sur la partie supérieure de mon anatomie. Enfin, quand je dis des boutons, je suis modeste : un chapelet rouge tomate me boursouflait du nez jusqu’aux épaules (en passant par les bras, le décolleté (quoi ? c’est pas parce que mes seins ressemblent à des chapeaux de religieuses (je parle des gâteaux) que j’ai pas le droit de dire : décolleté !). Oui, donc. J’en étais où ? ah oui. Les plaques.

"Que vois-je ?" geins-je en rapprochant mon visage du miroir. Et j’enchaîne d’une voix d’outre-tombe : "Voilà,  chui foutue ! on dirait E.T. chez les Peaux-Rouges !! personne ne voudra jamais de moi !!!! je terminerai vieille fille, rongée par les pelures d’oignons !!!!! Bouuuuuuuuh!"

"Hors de question que je laisse ces gros boutons rouges me pourrir la vie !" enchaîne-je in petto, "déjà avec l'allure que j'ai avec mes bottes en caoutchouc!" (ben oui vous vous êtes déjà barbouillé les pieds avec du jus d’oignons ???? je vous dis pas comment c’est tenace, cette cochonnerie !).

Alors malgré les 42°ambiants, je m’enveloppe d’un châle, comme qui dirait une mini-burka, tout en restant en maillot pour pas mourir tellement j’ai chaud. C’est dans cet accoutrement que je débarque chez le docteur du coin.

Même pas ému, il lâche :

- Oh, la mode parisienne est seyante cette année. Qu’est-ce qui vous amène ?

Là, dans un geste théâtral, je laisse tomber mon châle.

- Ben dites donc, vous êtes drôlement rouge !

- C'est un peu pour ça que je viens vous voir ! (Telle fut ma subtilissime réponse).

- Ohhh !! qu’il s’exclame en se penchant sur mon cou, mais c’est des Trombicula autumnalis !

- QUID ????

- Des aoûtats !

- Des aoûquoi ? que je fais.

- Des aoûtats. Vous savez, ces charmantes petites bêtes qui sortent en août !

- Heu oui, sauf que là, on est en juillet ..

- Ah bah oui, vous avez beaucoup de chance !!

- Heu ?? ..

- Ben oui, sinon vous auriez jamais su ce que c’est ! ça aurait été dommage !

Oh bah ça, pour être dommage,

b

ça aurait été dommage !!

26 avril 2014

Comme des cadeaux précieux

brune1sepia

La langue italienne me fait fondre comme de la crème. Ça vient d’un béguin de vacances de mes tendres années, il s’appelait Ugo, c’était un Italien, un Italien de l’Italie, ce pays plein d'odeurs, de couleurs merveilleuses, ce pays qui était la passion folle de mes parents .. L’Italie, c’était notre Eldorado, je me rappelle après avoir franchi la frontière, gamine, je me ruais sur le sol pour l’embrasser, ah que je t’aime Italie que je t’aime !  et je me relevais les doigts pleins du goudron fondu par la chaleur. A cette époque, passer la frontière c’était pas rien, une file interminable de voitures qui attendaient leur tour, Papa au volant de sa 404, la remorque aux fesses, oui parce que les premières années c’était la remorque, blindée à mort, pas les moyens d’avoir une caravane, enfin ils l’ont eue mais un peu plus tard à l’occasion d’un petit héritage. Non là, on n’en était qu’à la remorque, même qu’une fois il a fallu tout déballer, absolument tout, et comme il n’avait rien trouvé, le douanier s’en était pris à mon petit carnet, sauf qu’à cette époque je ne savais pas écrire, alors lui, il a cru que tous ces signes c’était des codes, qu’on était des espions ou quelque chose du genre, mes parents s’étaient étonnés de ce professionnel acharnement, mais rien n’a jamais pu entamer leur joie de partir et ils avaient remballé la remorque et mes carnets éparpillés en sifflotant ..

Ma mère, un vrai sirop de la rue, à 16 ans le sac à dos avec sa petite tente, après elle a contaminé mon père, lui qui ne connaissait que ses Sables, elle ne vivait que pour les vacances.. On partait les deux mois direct, juillet avec ma mère seulement, on n’allait pas loin pour que papa puisse nous rejoindre le week-end, août c’était les congés du père et c’est là qu’on partait pour l’Italie, toujours quelque chose qu’on n’y connaissait pas, et même si on connaissait on y retournait parce que c’était tellement beau, l’Adriatique et le ciel bleus à l’infini ! Les cloques qu’on se chopait au soleil, la peau du dos en lambeaux, impossible d’y poser le drap de couchage ! Trois jours plus tard on était cuits comme des pains d’épices, et à peine in piedi on courait trois, dix fois jusqu’à il Mar Adriatico, ce qui fait que tout le temps on avait du sel sur les bras à lécher avec délice ..

Alors le Ugo, était-ce à Fano, à Rimini, à Serigalia ? Je ne sais plus, je me rappelle juste de mes 13 ans, de ses 18, du petit bal dans la nuit tiède et parfumée, ma tête posée dans le creux de son cou et ses mots qui s’égrenaient, toutes ces choses qu'il m'a dites comme des cadeaux précieux, du miel sur ma peau des caresses de plume, il me déshabillait de mots pour me vêtir des siens, et ça éclipsait tout, ça bruissait, je faisais un pas, ça ondulait, un peu d’élan et je me serais envolée … Alors forcément, j’avais bien été obligée de gémir et de gémir encore, alors évidemment mes jambes avaient ployé et toute ma vie avec, je me tenais aux mots, à ses cheveux dorés qui sentaient si bon, je les tenais fort comme une rassurance dans cette perdition, et je respirais à petits coups, pour trouver la force de ne pas être forte, de n’être rien, rien qu’une petite nana recroquevillée dans des mots …

17 juin 2014

Une femme non plus

mer2

 

Je me suis mise à crier. Le visage vers le ciel, les bras levés, de la douleur plein le corps, j’ai hurlé comme le font les lionnes à la lune : "Yhwh, aide-moi ! je t’en supplie, aide-moi !", m'adressant sans honte au Dieu Très-Haut d’Abraham, même s’il ne m’entend pas. Car en réalité, je n'en sais rien, s'Il m'entend. Juste, j'ai besoin de hurler, de hurler ma douleur qui me fait une brûlure lancinante au dedans. Je ferme les yeux, je respire doucement, je pars en apesanteur en espérant que la douleur s’arrête. Mais ça ne s’arrête pas. Les yeux fermés, c’est pire : je les imagine. Je vois Abraham toucher cette femme que je lui ai donné pour qu’elle lui fasse un fils. Je vois ses mains sur elle, cela me fait un mal de chien, un putain de mal de chien ! Alors je cours, je cours à perdre haleine, pour ne pas pleurer, pour ne pas hurler, mais je hurle quand même, je hurle longtemps, un cri transparent, inaudible, pris dans le fracas du vent, agenouillée dans le ruisseau glacé avec les cuisses griffées par les buissons de menthe qui bordent la rive.

Cette nuit-là, je suis restée longtemps dans l’eau. Si longtemps que j’aurais pu en mourir.

Au petit jour je suis allée voir Abraham.

- Mon époux, c’est trop dur. Ma jalousie est trop grande. Je ne veux te faire honte ni gâcher le bonheur que te donne un fils, mais laisse-moi juste dresser ma tente là-haut, loin sous les térébinthes".

Il n'a rien dit. Maintenant qu’Ismaël peut sauter sur ses genoux, que je sois près ou loin ça lui est bien égal. Il me laisse partir.

A l'écart sous ma tente, sans même une servante, enfin je peux dormir. Je dors deux jours, peut-être trois, je m'éveille juste pour boire un peu de lait et je replonge dans le sommeil. C'est bon comme mille caresses. Je m’apaise. Pourquoi lutter ? Pourquoi ne pas accepter ce qui est ? Pourquoi tant de cris, tant de souffrance, alors qu’un enfant d’Abraham est né et que c’est tout ce que je souhaite ? Je ne suis pas la mère de l’enfant, et alors ? Est-ce si grave ? On le nommera "fils d’Abraham" de toutes façons, quand bien même je ne l'ai pas porté.

Un jour je me glisse à la rivière. Et voilà que je découvre des petites taches sombres sur mes mains, il y en a plein, partout. Le soir encore je les examine avec une curiosité mêlée de délice. Et voilà que j’observe les muscles de mes bras : ils s’amenuisent comme peau de chagrin. Et puis un pli sur mon ventre, et un pli encore. J’examine mes seins. Ils ne sont plus ronds et hauts, ils ne sont plus fermes. Je les soupèse, ils sont flasques sur ma paume. Je cours remplir une jatte d’eau pour me mirer dedans. Des rides ! Mon Dieu, des rides sous mes yeux, autour de mes yeux !!! Des rides sur le haut de mes pommettes, des dizaines de rides minuscules autour de mes lèvres !

Ma beauté s’en est allée!

Je hurle de joie, je danse et je ris tout à la fois. Enfin je vieillis ! Enfin la beauté me quitte, cette beauté qui avait fait retourner tant d'hommes sur ce ventre creux!

Je ne cesse de m’ausculter, de me mirer dans l’eau, comptant mes rides, mesurant la chute de mes seins, les plis de mon ventre, me saoulant de bonheur. D’en bas, dans les tentes d’Abraham en me voyant on doit se dire "Sarah à force d'être toute seule livrée à sa jalousie, voilà qu'elle perd l’esprit pour de bon !"

Peu m’importe. Je suis folle oui, folle de joie ! Le temps enfin revient dans mon corps. Peut-être après tout, Ywhw m’a-t-il entendue ? Il a entendu ma plainte! Il a brisé le prodige de cette beauté inutile qui faisait se retourner les hommes, Il m'apaise de la douceur de la vieillesse. Mon tourment va cesser : plus question d’enfanter!

Quelques temps plus tard, Abraham monte jusqu’à moi, le visage grave et soucieux. Veut-il que je m’éloigne plus encore ? Je me tiens prête.

Je le fais asseoir confortablement, lui apporte à boire et à manger. Lorsqu’enfin son regard est dans le mien, je dis :

- Mon époux, je t’écoute.

- Ywhw m’a parlé ce matin. Il m’a dit : "Je fais alliance avec toi. Mon alliance s’inscrira dans votre chair. Je bénirai aussi ta femme, et je te donnerai un fils d’elle. Il s’appellera Isaac."

Je crois que le ciel a tremblé pendant qu’Abraham a prononcé ces mots. A moins que ce ne soit mon coeur et mon ventre tout à la fois. Ma bouche aussi a tremblé. J’ai pensé à mes cris dans le ruisseau, mes longs cris de douleur dans la lune éblouie. Oui, il se peut que j’ai pensé à tout cela, mais j'ai aussi pensé à nous deux, la vieille Sarah et le vieil Abraham, et je nous ai imaginés nus l'un contre l'autre, et j’ai eu envie de rire.

Les yeux de mon époux ont brillé sous ses paupières, moqueurs et radieux comme ceux d’un jeune homme.

- Tu ne me crois pas, n’est-ce pas ?

- Abraham, as-tu remarqué comme je suis devenue vieille ?

- Vieille ? Non. Tu me sembles seulement avoir le visage de ton âge, et j’en suis enchanté.

- Allons mon doux époux, cesse de rêver ! De quel ventre sortirait-il, ce fils ? Cet Isaac ?

- Du tien ! De celui de Sarah !

- Et venant de quelle semence ?

- Oh je vois ! Ce n’est pas de toi que tu doutes, mais de moi !

Je n’ai pu retenir un rire grand comme un soleil.

- Oh que non, toi tu es capable de tout !! Mais moi, après tout ce temps, c’en est enfin fini de ma souffrance. Je suis ridée et stérile comme je dois l’être. Voilà.

- Mais Sarah, il nous suffit juste de … de ... mais bon sang, vas-tu arrêter de rire ???!!

Mon fou rire ne cessait pas. J’ai enlacé mon vieil époux. J’ai pris sa tête entre mes mains, lui baisant les yeux, lui posant le front contre ma joue :

- Abraham, tu n’avais pas besoin de tant de mots pour revenir dans ma couche tu sais ... Mais ne te fais pas d’illusions, celle que tu y trouveras ne soutient pas la comparaison avec la jeune mère d’Ismaël!

Mon époux m’a prouvé le contraire. En me comblant dans un plaisir calme et moelleux que je n’avais jamais connu. Me sont alors revenus des mots que j’entendais lorsque j’étais encore jeune vierge :"On n’a jamais vu un homme se lasser de ces choses-là. Même branlants, tant qu’ils peuvent dresser le manche, ils se rêvent encore bûcherons !".

Mais une femme non plus ne s’en lasse pas … Oh Dieu non ! Une femme non plus ne s’en lasse pas…

15 mai 2014

Jouissif

marguer

Qu’est-ce qui peut bien vous passer par la tête, Monsieur, quand vous insultez votre femme, cette femme que vous êtes censé aimer, chérir et respecter, la femme de votre vie, la mère de vos enfants ?

Qu’est-ce qui peut bien vous passer par la tête le jour où ça dérape, où vous ne la trouvez plus douce ni tendre, mais moche et d’une stupidité hallucinante ? Si conne, si bonne à rien, pas foutue de s’occuper des gosses, de la maison, ni même de vous mon pauvre, qui, comme c’est étrange n’êtes plus le centre de son monde !

Qu’est-ce qui peut bien vous passer par la tête, Monsieur, le jour où pour la première fois vous levez la main sur elle ? Un beau gros chtard. Oh, trois fois rien, une étourderie de votre part ! Vous avez oublié, sans doute, que vous pesez deux fois plus lourd, que vous êtes deux fois plus fort. Et puis c’est sa faute ! Elle est trop conne ! Elle exige que vous la respectiez … Vous vous rendez compte : elle exige !

C’est pas grave, elle va oublier vite, vous allez lui grimper dessus en appelant ça "faire l’amour", c’est pour les femmes qu’on appelle ça faire l’amour, c’est pour les endormir, pour leur rappeler tout ce que vous faites pour elles et que sans vous, elles ne sont rien !

Qu’est-ce qui peut bien vous passer par la tête le jour où la séparation est consommée et que vous êtes tout surpris ? Vous n’y comprenez rien !

Est-ce que vous dormez bien, Monsieur ?

Est-ce que vous dormez bien lorsque vous coupez sciemment les vivres à votre femme, à vos enfants, alors que vous les savez démunis de tout ? Qu’est-ce que ça vous fait, Monsieur ? Est-ce que c’est jouissif, au moins ?

Je l’espère pour vous. J’espère que votre jouissance est à la mesure des dégâts que vous faites pour venger la petitesse de votre queue. Soyez tranquille, votre femme souffre, ça c’est sûr.

Mais vos enfants, Monsieur ?

Vos enfants, qu'est-ce qu'ils vous ont fait ?

5 mai 2014

Garde d'Or

1Waldemar viking helmet

Un jour, des villageois francs aperçurent sur la mer un drakkar qui filait sur eux à toute allure. En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, ceux qu’on appelait encore les Vikings accostèrent sur la rive, non pas armés de haches, comme on a voulu le faire croire (celles-ci n’étant utilisées que par les pauvres, et pour couper le bois), mais de longues épées à double tranchant à qui ils donnaient un petit nom mignon comme "Mord-la-jambe" ou "Garde d’or". Ces épées tout comme leurs autres armes (lance, javelot) étaient pour eux des armes d’Odin : elles touchaient toujours leur cible.

Ceci dit, leurs armes c’était pour le décorum on va dire, parce qu’avec leur 1m72 (au bas mot) grâce à un régime hyper-protéiné, contre 1,60 chez leurs adversaires, ils excellaient au corps à corps, et n’avaient pas franchement besoin de leurs épées.

Ainsi, pour la première fois, l’ennemi ne venait pas à pied mais de la terrifiante mer. Pour la première fois, les envahisseurs n’étaient pas des hommes avançant lentement vers leur destinée avec leur bétail, leurs enfants, leurs femmes et leurs lourds chariots, mais des bêtes féroces tapies dans les zones marécageuses attendant le meilleur moment pour semer le désespoir dans des attaques terrifiantes visant Dieu, ses serviteurs et ses maisons. Car les Vikings cultivaient l’art de se rendre positivement effrayants : non seulement ils étaient immenses, leur épaisse chevelure volant au vent, mais ils surgissaient par surprise, dans un silence absolu, et seulement alors, s’abattaient sur leurs proies avec des bruits terrifiants, agitant leur carquois, poussant des cris de bête, dont ils portaient d’ailleurs la peau sur leur beau corps nu (des peaux d’ours), atteignant ainsi un stade de folie furieuse à rouler des yeux et à mordre les boucliers de leurs adversaires, l’écume au bord des lèvres.

3Vikings

Les Francs, qui comme l’on sait était un peuple extrêmement civilisé, furent donc immédiatement complètement terrifiés. Faut dire qu’avec un souverain aussi profondément religieux que Charlemagne, comment auraient-ils pu être préparés à ce genre de truc de ouf ? Charlemagne en effet, convaincu qu’il était que Dieu lui avait confié la tâche d’évangéliser tous les barbares de France et de Pétaouchnok, avait, avec ses Francs, décapité en 782 quatre mille cinq cent gens du nord qui ont dans les yeux le bleu qui manque à leur décor, et déporté 12000 de leurs femmes et enfants qui refusaient le baptême.

Comme nous le rapporte un témoin de l’époque : "Missoum par échangeoum culturoum, paroloum et époum" ("La Mission par échanges culturels, puis par la parole, puis par l’épée").

Cela avait super contrarié Godfred, le roi viking, et c’est comme ça que lui et sa horde avaient un jour décidé d’aller revoir ma Normandie.

4

Pendant que ces événements fâcheux avaient lieu dans cette partie de Gaule franque qu’on appelait encore la Basse-Neustrie, les femmes vikings, comme d’hab, se tapaient tout le boulot, enfin les concubines, parce que pour ce qui était de la femme en chef, elle avait une place privilégiée.

Que je vous narre la chose par le menu : en fait, pour nos ancêtres les Vikings (comme pour les Celtes d'ailleurs), il n’y avait que deux saisons : l’été et l’hiver. L’été, on allait guerroyer et jouer à la bataille navale, mais quand l’hiver arrivait, que les récoltes étaient rentrées, le foin coupé, le poisson séché et la bière brassée, les hommes commençaient à se languir et c’est comme ça qu’ils eurent l’idée de se fiancer pour occuper leurs longues soirées d’hiver.

Le mariage avait lieu l’année suivante, enfin l’hiver suivant, pour les mêmes raisons qu’expliquées ci-dessus. Il y avait la cérémonie du bain de la mariée, avec les demoiselles d’honneur, après que les cheveux de la future eussent été relevés et attachés avec un ruban ou un bijou.

Ensuite, toute parée elle attachait à sa ceinture les clés de la maison et du coffre car c’est cette première épouse qui devenait la Húsfreyja : la Maîtresse de Maison.

Muni du marteau de Thor, le chef de clan présidait la cérémonie en appelant sur les époux le bonheur et la paix par une offrande à Freya, la déesse de l’Amour et de la Sensualité, et à son frère jumeau Freyr, le dieu de la Vie, du Plaisir et de la Fertilité. 

S’ensuivait un joyeux banquet, convivial en diable, pendant lequel on se jurait de ne pas tenir compte des obscén propos qui seraient échangés une fois que l’on serait bien ivre. Des toasts étaient portés aux dieux et aux grands Ancêtres, et ces ripailles se reproduisaient hiver après hiver, puisque les Vikings avaient la bonne idée d’être polygames.

C’est pour ça que, comme les hommes s’en allaient tout l’été, la húsfreyja, contrairement à ses sœurs franques et romaines, jouissait d’un prestige évident, puisque c’était elle la chef dès que son époux avait le dos tourné. Elle faisait par exemple broder par les concubines les belles aubes blanches que les Francs refilaient aux Vikings qui acceptaient de se faire baptiser (yen a même qui se faisaient baptiser plusieurs fois pour en avoir plein et comme ça elles en faisaient des belles tenues de fête). Faut dire qu’il y avait déjà tellement de dieux dans leur Panthéon, alors un de plus, un de moins .. bon ceci dit, ça a commencé à être vraiment intéressant pour eux lorsque, en échange du baptême, ils ont reçu non pas une vulgaire robe pour les femmes de leur harem mais le territoire qui allait devenir la Normandie, étymologiquement le pays (-ie) des gens du nord (Normand-). 

Et c’est comme ça, mes chers amis, que même de pure souche franque, on se retrouve  avec une soeur grande et blonde..

 

Spéciale dédicace à Édith et à Éléna

19 avril 2014

La vie n'est pas simple

copines3

(elle) Regardez le message que j'ai reçu l'autre jour ..

(copine 1, lisant) "Vous avez une silhouette de rêve, j'en suis tout ému ! Le critère de sélection le plus important pour moi, c'est le poids de la femme. Il faut qu'elle ait 0% de matière grasse, ....."

(copine 2) 0% de matière grasse !!!!!!! Il te prend pour un fromage ????

(copine 1) ".... sinon je ne peux même pas la caresser! Signé, le malheureux qui aimerait tant devenir un mâle heureux près de vous...."

(copine 2) Ben il est parfait ! L'autre fois tu râlais parce que les mecs veulent que des rondes !

(elle) Bah oui mais il me plaît pas .....................

17 avril 2014

Tel un lion rugissant

dame2

 

Au commencement était Agnès de M***, noble dame née aux alentours de l’an de grâce 1068, à une époque où on ne retenait que le nom des grands de ce monde. Fallait-il qu’elle soit grande, cette dame, pour qu’ainsi l’on ait gardé son nom, en des temps où les femmes, croyait-on, n’avait pas d’âme. On les violait, on les battait, on les tuait, bref, l’époque n’était pas à la galanterie.

Agnès donc était une grande dame qui vivait en son château de M***.

De dame Agnès nous savons – mais nous ne savons que cela – qu’elle était l’aïeule de Gautier de M***, à moins que ce ne fut Wa(u)tier de M***, puisque c’est ainsi qu’il est cité au moment de ses noces en 1145 (on ne sait pas avec qui, jusqu’au XIVe siècle on prenait rarement la peine de mentionner le nom des femmes).

Ce que nous savons par contre, c’est que Wautier était le père du célèbre Eustache de M*** qui périt à Bouvines en 1214 lors de la bataille du même nom où il s’était illustré en "bondissant tel un lion rugissant" de toute sa colossale stature, ce qui lui a valu de traverser les siècles avec le surnom d’Eustache le Géant.

D’Eustache en Oberti, d’Oberti en Tassart, de Tassart en Baudouin, … nous arrivons à Godefroy, le frère d’un de mes ancêtres qui tous étaient très prudemment catholiques, sauf précisément Godefroy. Oui, parce que figurez-vous que Godefroy, ainsi qu’un autre de ses frères, avaient adopté la religion réformée à une époque où ce n’était pas franchement à la mode. Si peu à la mode qu’ils avaient dû se débiner vite fait avec toute leur famille en Hollande ou en Angleterre où on retrouve encore aujourd’hui leurs descendants avec ce nom parfaitement français. Enfin, aussi Français que peut l’être un nom qui ne l’était pas à l’époque.

Il est temps je crois de faire un petit aparté. D’abord pour vous rappeler qu'en ces temps anciens, la religion faisait partie intégrante de la vie des gens. Si on ne prend pas ce critère en considération, on ne peut rien comprendre à l’Histoire. Inutile de préciser que si nos aïeux pouvaient revenir aujourd’hui comme dans le film des Visiteurs – enfin, dans l’autre sens - ils fuiraient tous en hurlant, persuadés qu’ils sont arrivés direct en Enfer.

Pour une meilleure compréhension du problème religieux, permettez-moi de tirer à grands traits le visage des deux religions concurrentes en cette période de la Renaissance [La Renaissance: explosion artistique, d'accord. Mais aussi : guerres de religions, chasse aux sorcières (cent mille morts), génocide amérindien (deux cent millions de morts) ... Qu'on ait donné le nom de Renaissance à un tel salmigondis peut laisser perplexe!].

Or donc :

Le catholicisme d’abord. Il est sévère. Quelqu’un qui a péché est condamné à passer un bout de temps au purgatoire. Les pécheurs y sont plongés dans le feu jusqu’à purification totale. Ça n’a pas l’air d’une partie de plaisir.

Un catholique ne lit pas la Bible. Il ne s’adresse pas directement à Dieu. Il s’adresse à son intermédiaire, le curé, qui consulte une bible en latin. Ensuite, le curé explique à son pénitent ce que Dieu désire. En général, Dieu désire des messes ; enfin, plus précisément, des sous pour dire des messes.

Mais le catholicisme est tendre. Quelqu’un qui a péché peut racheter ses fautes, il lui suffit de les regretter sincèrement et Dieu lui pardonnera. Pour obtenir l’indulgence de Dieu tout est bon : pèlerinages, croisades, prières. S’exclamer "Cœur agonisant de Jésus, soyez mon amour !" économise cent jours de purgatoire. Crier "St Joseph, patron de la bonne mort, priez pour nous !" en gagne trois cents. Il n’y a pas à hésiter, et c’est gratuit.

Les dons en argent pour faire dire des messes ou faire construire des églises permettent aussi d’acheter l’indulgence de Dieu. De là à vendre le paradis contre de bons écus, il n’y a qu’un pas que certains seigneurs franchissent vite : ils se paient le paradis en échange de cinquante mille messes …

Un jour, un certain Luther explique tout le mal qu’il pense des indulgences et dans son élan invente une nouvelle religion. Essayons de la résumer.

Un Protestant s’adresse directement à Dieu. Il lit lui-même la Bible, traduite dans sa propre langue. Il existe bien un curé protestant (le pasteur), mais il n’a pas le prestige du curé catholique. Et puis il peut se marier et avoir une vie normale, ce qui évite bien des bizarreries.

S’il se conduit mal, un Catholique peut obtenir le pardon de Dieu pour peu qu’il y mette de la bonne volonté (et quelques économies). Pas le Protestant. Car un Protestant ne se conduit pas de façon vertueuse pour faire plaisir à Dieu. Non. Le Protestant se conduit de façon vertueuse car Dieu est entré dans son cœur et Il n’en est plus sorti. Un Protestant peut donc avoir une jeunesse olé-olé : c’est signe que Dieu ne lui a pas encore rendu visite. Mais le jour où Dieu pénètre dans son cœur, le Protestant se range et ne se dérange plus. Vit-on jamais Dieu forniquer en fumant de drôles de cigarettes qui font rire ? autant dire qu’un Protestant a intérêt à profiter de sa jeunesse !

En résumé, le catholicisme est plus facile à vivre que le protestantisme. Mais il coûte plus cher …

12 avril 2014

Trop ceci

allonged

(elle) Y a un mec qui me plaisait bien cette nuit sur POF, pas de bol il me fait direct "En raison du très grand nombre de sollicitations dont je suis le fruit je ne pourrais donner une suite favorable à ta requête car je n'éprouve d'attirance que pour les rondes" !! Tu le crois, ça ??

(copine 1) Sont pas vrais ces mecs !!!!! Quant on est mince ils veulent des rondes, quant on est ronde ils veulent des minces !

(elle) Remarque les femmes c'est pareil…… Il me disait (il était vraiment sympa, quel dommage), il me disait que quand il tombe sur une qui lui plaît, c’est lui qui lui plaît pas !! Elle préfère les bruns et les grands !!!!!!! "Pour les femmes" qu’il me fait, "on est toujours trop ceci, pas assez cela, et moi, pourtant bon travail, non fumeur ni buveur, et attentionné réellement, eh bien même ça on me le reproche !!! Les femmes de nos jours elles me disent je n'ai pas besoin d'un larbin à mes petits soins ! Je ne sais plus quoi faire ni comment être, de toutes façon je me ferai critiquer quand même ! Pour l'instant mon coeur ne bat pour personne à part pour me maintenir en vie... "

(copine 2) Oh qu’il est chou !!!!!!! C’est quoi son pseudo ?

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